ÉPISODE 52, PIERRE ET ALFRED GENDRON
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Julia et Sarah
Ceux qui ont réinventé la roue…
Les frères Pierre et Alfred Gendron font figure de véritables pionniers dans le domaine des bicyclettes, tricycles, carrosses pour enfants, fauteuils roulants… Bref, de plusieurs objets sur roues de notre quotidien que l’on prend aujourd’hui pour acquis. Pourtant, ce n’était pas le cas à la fin du 19e siècle et l’histoire des Gendron – que devront retracer deux de ses descendantes – nous ouvre une fenêtre fascinante sur cette époque et le génie de ces inventeurs.Des cousines qui roulent !
Pierre et Alfred Gendron seraient sûrement très fiers de rencontrer celles qui seront amenées à porter le flambeau familial lors de cet épisode de La Quête, au cours duquel nous feront connaissance avec deux cousines, Julia et Sarah, qui, curieusement, habitent la même région que leurs ancêtres, les Cantons de l’Est au Québec, plus précisément à Coaticook.En fait, elles ont plusieurs points en commun avec les frères Gendron : elles sont fascinées par tout ce qui est sur roue (des bicyclettes aux tricycles, en passant par les modèles réduits de voitures) ; elles font preuve d’inventivité et de débrouillardise, et elles sont, avouons-le, particulièrement « vites sur leurs patins ».
Voilà autant de qualités qui ne leurs nuiront certainement pas au cours de leur aventure. Encore doivent-elles toujours se rappeler la devise de leurs ancêtres, celle qui leur a permis d’exceller tout au long de leur vie : « Il y a toujours moyen de faire mieux ».
De Coaticook à Toronto
Ce matin-là, Julia et Sarah étaient loin de se douter qu’elles découvriraient, près de la vieille gare de Coaticook, la valise de La Quête. Elles relèveront néanmoins le défi et se rendront chez un antiquaire pour retrouver, dans le bric-à-brac du commerçant, une des premières réalisations de leurs ancêtres : un carrosse pour enfants avec des roues en métal – une nouveauté il y a 120 ans. Et comme le carrosse lui-même était fait en rotin, nos amis iront tout de go chez un artisan qui leur montrera à tresser cette matière, comme « dans le temps ».Prochaine rencontre pour Sarah et Julia, un bricoleur dont la passion est de remettre en état des vieilles bicyclettes. C’est là qu’elles feront l’essai de divers engins sur roue qui avaient cours à l’époque des frères Gendron. Rien à voir avec les vélos du Tour de France d’aujourd’hui. Elles se rendront ensuite chez un collectionneur de voiturettes à pédales, comme celles fabriquées par leurs ancêtres et qui faisaient littéralement fureur au tournant du 20e siècle.
Nos deux complices feront alors un voyage à Toronto, où un des frères Gendron s’était installé vers 1898. Elles découvriront qu’en plus d’être un brillant inventeur et homme d’affaires, il a beaucoup fait pour promouvoir le développement de la communauté francophone dans la Ville Reine en plus de fournir de l’emploi à bon nombre de Québécois « exilés » en Ontario. Pour terminer, après avoir rencontrer quelques jeunes Torontois francophones d’aujourd’hui, elles célèbreront la fin de leur aventure avec leur famille.
Pour le bonheur des enfants
Nés dans les années 1870, Pierre et Alfred Gendron étaient les fils d’un artisan qui se spécialisait dans la réparation des roues de trains. C’est avec lui qu’ils ont fait leurs débuts avant de lancer leur propre entreprise : une fabrique de carrosses pour enfants, pour lesquels ils utilisaient des roues à rayons en métal de leur invention, totalement nouvelles pour l’époque.Dans les années 1890, poussés par la crise économique majeure qui sévissait au Québec, les Gendron décident de déménager à Toledo, en Ohio, où ils recommencent leurs activités de fabricants de carrosses, tricycles, bicyclettes et engins sur roues, d’abord dans un cabanon attenant à leur maison, puis dans une petite usine et, quelques années plus tard, dans une grande usine employant plusieurs centaines de personnes.
Au tournant du siècle, tandis que Pierre poursuivait les activités de l’entreprise familiale en Ohio, Alfred déménage à Toronto pour bâtir une autre usine où, en plus de fournir de l’emploi à beaucoup de Canadiens français, il participera à l’essor de la population francophone de la région. Encore aujourd’hui, les collectionneurs s’arrachent les voiturettes et autres jouets fabriqués par les Gendron, qui peuvent aller chercher entre 3.000$ et 110.000$.