ÉPISODE 35, ADOLPHE BASILE ROUTHIER

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Léa et Julia

Sur la piste de l’auteur du « Ô Canada »

En plus d’être un magistrat canadien très important de la deuxième moitié du 19e siècle – quoique dans un contexte très différent d’aujourd’hui –, le juge Adolphe Basile Routhier s’adonnait également à la poésie et c’est à lui que l’on doit les paroles de l’hymne national canadien, le célèbre « Ô Canada ». Voici la quête de sa descendante pour retracer son histoire.

Des demoiselles qui n’ont pas froid aux yeux

Léa, descendante de Sir Adolphe Basile Routhier, est une jeune fille de 13 ans très dynamique, débrouillarde et indépendante. Selon ses parents, elle est mature et courageuse, a du « guts », aime les défis et va au bout de ses projets. Elle vit à Laval avec ses deux parents et sa petite sœur de 8 ans et demi. Elle a un chat et un poisson.

Parmi ses activités, notre jeune aventurière s’adonne au Tai-Bo (genre de danse qui mêle boxe, cardio et rythmique) et fait de la raquette en hiver. Elle aime aussi, surtout, le magasinage et aller au cinéma. Elle adore la musique, particulièrement le rock et le métal. Son idole est le chanteur du groupe Simple Plan, de qui elle est une cousine éloignée. Elle rêve de voyager en Amérique du Sud. Plus tard, elle voudrait enseigner en Afrique ou être caméraman.

La complice de Léa, Julia, est aussi une petite bombe d’énergie, doublée d’une humoriste en puissance. Elle fait du patinage artistique et joue au hockey. Elle dessine aussi et aime beaucoup les jeux par ordinateur. Elle est une maniaque de technologie, adore s’impliquer et est très sociable. Julia se passionne pour les animaux et voudrait devenir zoologiste.

L’hymne national, version 21e siècle !

Après les présentations d’usage, nos deux aventurières se rendront à la maison familiale originale de l’ancêtre de Léa, à Saint-Placide, près du Lac des Deux-Montagnes. Elles y seront reçues par une historienne qui leur parlera de la maison, de la famille Routhier et de la vie de village à la fin du 19e siècle. Ce sera aussi l’occasion pour elles de se rendre à une érablière voisine pour se sucrer le bec un tantinet.

Question de se familiariser avec la fonction de juge qu’occupait Sir Routhier, Léa et Julia iront à la cour, en toges et face de deux avocats, pour reproduire la cause la plus célèbre du magistrat, le procès de 1876 dit de « l’influence indue » (lors duquel l’Église catholique avait été accusée d’avoir influencé le vote des paroissiens lors d’une élection). Elles saisiront ensuite l’importance de l’Église au Québec il y a 100 ans lors d’une visite très spéciale à l’Oratoire Saint-Joseph.

Nos amies auront alors l’occasion de développer leurs talents de poètes en rédigeant un texte qu’elles devront lire devant un public et, pour terminer cette fascinante quête de leurs origines, elles auront le grand plaisir de se rendre dans un studio d’enregistrement pour y créer, avec l’aide d’un musicien de talent, une version totalement moderne et rock du fameux « Ô Canada ».

Un nationaliste bien de son temps

Sir Adolphe Basile Routhier est né à Saint-Placide sur les rives du lac des Deux Montagnes le 8 mai 1839. À l'âge de 11 ans, il fait ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérèse. Par la suite, il étudie le droit à l'Université Laval, est admis au barreau en 1861, puis, en 1874, il est nommé juge à la Cour supérieure de la province de Québec pour le district du Saguenay.

En 1876, il préside le procès qui, selon lui, serait le plus important de toute l’histoire canadienne, celui de « l'influence indue », qui marqua un important conflit entre l'Église et l'État. Entre temps dans sa carrière littéraire, Routhier collabore avec plusieurs journaux et revues, publie essais critiques, portraits littéraires, esquisses historiques, récits de voyage, poèmes, romans et drames.

En 1880, il composa son œuvre la plus marquante : les paroles de l'Ô Canada, créées à l’occasion de la Saint-Jean Baptiste. Pourtant, ce ne sera qu’un siècle plus tard, en 1980, que ce poème deviendra officiellement l'hymne national du Canada. Il avait 81 ans quand il est décédé dans la région de Charlevoix, à Saint-Irénée-les-Bains. Il a été inhumé au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, à Sainte-Foy, en banlieue de Québec.

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